Critique littéraire : Le mystère de Clovis

Critique littéraire : Le mystère de Clovis

Philippe de Villiers
Le mystère Clovis, Albin Michel, 2018, 432 pages, 22€

 

Habitué des débats brulants sur l’Islam et la déchristianisation de la France, l’ancien homme politique, fondateur du Puy du Fou et essayiste, Philippe de Villiers, revient sur le devant de la scène avec un nouvel ouvrage intitulé Le mystère Clovis. Après des essais sur Saint Louis et Jeanne d’Arc, l’auteur vendéen nous plonge cette fois aux origines de la France, dans la peau du petit barbare Clovis qui deviendra bientôt le premier roi de France Chrétien. L’histoire commence dans une atmosphère de fin du monde, cinq ans après la chute de Rome, au moment où Clovis est hissé sur le pavois et devient Roi des Francs Saliens. On comprend dès le début de l’ouvrage que l’unification de l’ancienne Gaule Romaine qui deviendra la France que nous connaissons aujourd’hui ne peut passer que par la culture et donc par les derniers détenteurs de la romanité, les religieux chrétiens. La France n’aurait donc pas existé sans la religion et sans cette volonté de refonder une Rome Occidentale. Le mariage de Clovis avec la princesse burgonde et chrétienne Clothilde, ses discussions avec l’évêque Rémi ainsi que sa victoire à Tolbiac en implorant le dieu de sa femme, marquent le passage de Clovis de roi barbare romanisé au statut de Roi Chrétien. Une question également soulevée par Philippe De Villiers sur la date de son baptême est essentielle, Clovis n’aurait pas choisi la chrétienté après un succès militaire mais en voyant l’importance et le bénéfice qu’apportait la religion à son peuple. L’ouvrage est aussi une critique déguisée de notre époque, que l’auteur compare à la chute de l’Empire Romain. Philippe de Villiers invite donc les Français à se réapproprier leur Histoire pour affronter les défis actuels et à appliquer la célèbre maxime attribuée autant à Gramsci qu’à Otto de Habsbourg « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va ».

Hugo Gréa,
étudiant de l’ISSEP
LE BIEN COMMUN – Nº3, Janvier 2019