La loi, le citoyen et le juge : critique littéraire de Michel, étudiant à l'ISSEP

Critique littéraire : La loi, le citoyen et le juge

Critique littéraire : La loi, le citoyen et le juge

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1555244092143{margin-right: 20px !important;margin-left: 20px !important;} »]

Jacques Krynen
Le théâtre juridique. Une histoire de la construction du droit,
Gallimard, 2018, 384 pages, 25€

[/vc_column_text][vc_separator color= »custom » border_width= »2″ el_width= »40″ accent_color= »#b89e67″ css= ».vc_custom_1554976341443{margin-bottom: 50px !important;} »][vc_column_text css= ».vc_custom_1555244200485{margin-right: 20px !important;margin-left: 20px !important;} »]

Membre de l’Institut universitaire de France puis professeur d’histoire du droit à l’université de Toulouse-Capitole, Jacques Krynen avait publié L’empire du roi en 1994 et, plus récemment, un ouvrage en deux tomes, L’État de justice, France, XIIIème-XXème siècle. Avec Le théâtre juridique, il complète son œuvre en mettant en perspective les spécificités du droit français dans l’histoire de la construction juridique en Europe et en Occident.
Cette grande fresque historique permet de mesurer les liens entre justice et émergence de la démocratie dans la Grèce antique, puis de déterminer les rôles respectifs de la loi, expression de la souveraineté, et du juge, source de jurisprudence, dans la construction du droit dès l’empire romain. Si la confrontation entre la souveraineté, qu’il s’agisse de celle du roi ou de celle du peuple, exprimée directement ou par la voix de ses représentants, et l’autonomie réclamée par les juges ne date pas de la révolution française et trouve ses sources dès le moyen-âge, cette mise en perspective permet au lecteur averti de mesurer l’ampleur de la crise de légitimité que traverse aujourd’hui notre justice. En constatant la distance sans précédent prise par le juge avec l’expression de la souveraineté nationale, par le développement d’une jurisprudence dans laquelle la loi s’efface devant le droit conventionnel, en particulier de celui de l’Union européenne, mais aussi devant les principes dégagés depuis 1971 par le Conseil constitutionnel, on peine à partager l’optimisme de l’auteur. « Le Droit ? Ce vieux remède est tout ce qui reste au citoyen, c’est son dernier recours. Pour ses concitoyens blessés le juriste sincère (…) aura toujours à cœur d’extraire des solutions humaines, bonnes et équitables » conclut-il, négligeant peut-être la dérive oligarchique teintée de fermeture idéologique qui, frappant nos « élites » depuis le début des années 80, a récemment été illustrée par l’affaire du « mur des cons » du syndicat de la magistrature.

[/vc_column_text][vc_separator color= »custom » border_width= »2″ el_width= »20″ accent_color= »#b89e67″][vc_column_text css= ».vc_custom_1555244222154{margin-right: 20px !important;margin-left: 20px !important;} »]

Michel Loussouarn,
étudiant de l’ISSEP
PRÉSENT – Samedi 2 mars 2019

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]