Article des étudiants : Une histoire de 30 ans, article de Michel dans L'Incorrect

Article des étudiants | Une histoire de 30 ans

Article des étudiants | Une histoire de 30 ans

De Creil à la Bourgogne-Franche-Comté, c’est le même scénario de provocation-victimisation qui se répète, devant une population française tétanisée. Quand verrons-nous enfin ce que nous voyons ?

 

La réaction de la sphère médiatique à l’intervention de Julien Odoul réclamant auprès de la présidente d’un conseil régional l’exclusion d’une islamiste voilée qui s’y était introduite, a été quasiment unanime… Du rappeur Booba au chroniqueur Karim Zéribi, en passant par la journaliste, et moraliste, Laurence Ferrari, aucune réprobation, aucune injure n’a été épargnée à l’élu lanceur d’alerte qui a même subi des menaces et des encouragements implicites au lynchage de la part d’un ancien porte-parole du CCIF, officine proche des Frères Musulmans ici à la manœuvre.

Rien de nouveau, finalement, sous le croissant de lune de l’islamisation ! Voilà maintenant exactement trente ans que le voile islamique apparaît comme l’arme principale du travail d’influence mené en France par les Frères Musulmans. Depuis la première affaire de voile, à Creil, en septembre 1989, l’islamisme avance, à l’équilibre, sur ses deux jambes : soft power d’un côté, avec les provocations, à fins de victimisation, des Frères Musulmans, hard power de l’autre, avec les attentats et attaques islamistes qui ensanglantent le pays.

 

Si l’objectif reste le même, l’établissement de la charia, les méthodes employées semblent différentes

pourtant, elles ne divergent en rien et apparaissent au contraire comme parfaitement complémentaires. Sans le soft power des Frères Musulmans, qui étudie de près nos vulnérabilités culturelles pour les exploiter au mieux, pas de clientélisme électoral, pas de construction de milliers de mosquées, pas d’immigration de masse soumise à une pression sociale islamique qui ramène les populations qui en sont issues vers une religion dont la lecture littérale conduit inéluctablement à la bascule de certains zélotes dans le terrorisme, ou, a minima, dans un « déséquilibre psychique » meurtrier que des journalistes comme Nicolas Hénin ne manquent alors pas de qualifier « d’incident ». Le soft power nourrit le vivier où sont sélectionnés, quand ils n’y naissent pas spontanément, les ouvriers du hard power. Sans le hard power mis en œuvre par des terroristes islamistes qui appliquent à la lettre le corpus de l’islam, pas de crainte exercée sur les pouvoirs publics, ni de rhétorique visant à distinguer l’islamisme de l’islam, donc pas de tapis rouge déroulé au soft power des Frères Musulmans pour qu’ils reconquièrent culturellement les masses migratoires, et ceux qui les côtoient au plus près.

 

La méthode a été éprouvée sur la longue durée de l’histoire de l’islam, et les Frères musulmans ne font que l’adapter à notre époque,

en ayant identifié le biais de la compassion et celui des droits individuels, notamment ceux des femmes, pour les détourner au profit du système culturel le moins respectueux au monde à l’égard du droit des femmes. Un Frère musulman repenti, et fils d’imam, le germano-égyptien Hamed Abdel-Samad, l’avait exprimé sur un plateau de la télévision allemande, face à une islamiste voilée : « L’islamisme est aussi vieux que l’histoire de l’islam lui-même. Les gens de l’État islamique ne font rien d’autre que reproduire ce que faisaient Mahomet et ses compagnons à l’époque… ».

Face à cette méthode, mass media et hommes politiques clientélistes ont, pendant trente ans, rivalisé pour tenir le rôle d’idiots utiles et lyncher publiquement les lanceurs d’alerte. L’affaire de l’élu régional du Rassemblement National Julien Odoul ne fait que poursuivre la longue litanie décrite par un collectif d’auteurs dans l’Histoire de l’islamisation française : 1979-2019, paru aux éditions de L’Artilleur à l’occasion de ce triste anniversaire voilé, que l’épisode du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté vient, d’une certaine manière, de célébrer.

 

Michel,
étudiant en Bac+5 à l’ISSEP
publié dans L’Incorrect