Vraiment le meilleur des mondes, un monde de post-humains !

Vraiment le meilleur des mondes, un monde de post-humains !

Olivier Rey
Leurre et malheur du transhumanisme, Desclée de Brouwer, 2018, 193 pages, 16€90

 

Toujours ce vieux rêve révolutionnaire, de créer un homme nouveau, un nouvel Adam. Olivier Rey, chercheur au CNRS, analyse le projet de l’homo-technologicus de la Silicon Valley, le transhumanisme : « Il n’y a pas un royaume des vivants et un royaume des morts, il n’y a que le royaume de la consommation, et seuls les vivants sont dedans. » ; « Donnez-nous aujourd’hui nos comprimés de ce jour. » Étymologiquement le transhumanisme veut dire : au-delà de l’humanisme. L’humanisme cette doctrine politique qui chasse Dieu du centre de nos vies pour y mettre l’homme. À ce moment-là, l’homme sera à la mesure de lui-même, c’est-à-dire à la mesure de toutes ses imperfections. Le meilleur moyen pour Mammon de remplacer Dieu. L’homme est imparfait mais pourrait devenir perfectible, les transhumanistes parlent donc d’homme augmenté, amplifié par la technologie.

Certes, les développements technologiques doivent être bénéfiques pour la santé des hommes, et pouvoir corriger les malheurs de la vie est une bonne chose. Le véritable problème est cependant, rien que cela !, la volonté des transhumanistes de défier la mort. Imaginez donc un homme hybride, programmé et conditionné génétiquement pour vivre 150 ans, c’est déjà possible aujourd’hui, demain 300 ans et après-demain 900 ans ; à croire que les transhumanistes ont pris la Genèse pour argent comptant. Ce projet d’une espérance de vie quasi immortelle est porté principalement par Ray Kurzweil, ingénieur en chef chez Google, et considéré comme le pape du transhumanisme. Laurent Alexandre, autre fervent transhumaniste, dit que cette technologie suivra la Loi de Moore sur le développement technologique, pour devenir si proliférante qu’elle sera alors accessible à tous, comme les téléphones portables sont aujourd’hui dans toutes les poches. Au contraire, Jacques Attali nous informe que cette technologie sera réservée aux « élites » de ce monde. Après tout, quel pourrait être l’intérêt de faire vivre si longtemps un simple consommateur ? Dans un monde de plus de huit milliards de consommateurs ? Des post-humains H+ vivant parmi des hommes H, bref, le meilleur des mondes.

Raphaël,
étudiant de l’ISSEP